Appel au personnel de la santé, en route vers la mobilisation!

Crédit photo: Photothèque Rouge /Martin Noda / Hans Lucas

Le personnel de la santé vaudoise s’est mobilisé comme jamais ces derniers mois dans la lutte contre la pandémie du Covid 19. La population ne s’y est pas trompée, marquant sa reconnaissance chaque soir par des applaudissements nourris sur les balcons. Le discours politique était alors unanime : le personnel de la santé doit être mieux reconnu, ses métiers revalorisés et ses attentes et la pénibilité du travail mieux prises en compte.

Nous nous attendions donc logiquement à ce que ces marques de reconnaissance se transforment en investissements financiers conséquents dans le secteur public de la santé.

Or que s’est-il passé depuis? Nous n’avons reçu que des refus et ou des non-réponses à nos demandes.

Des effectifs insuffisants, une perte de sens du travail

Depuis plusieurs années, les dotations sont insuffisantes dans tous les services et dans toutes les institutions de soins. Il faut faire plus, plus vite, avec moins de moyens. Ces manques pèsent sur la santé du personnel (taux de rotation important, arrêt des carrières, épuisements professionnels, fatigue, stress, etc.) et sur la qualité de la prise en charge des patients. Le SSP demande un plan d’investissement massif dans le service public et parapublic de la santé. Le Conseil d’Etat n’a pas répondu à ces demandes, formulées depuis longtemps par le personnel et avec plus de force encore depuis la crise du Covid 19. Les HUG annoncent 350 embauches dès cet automne. Dans le canton de Vaud, le Conseil d’Etat n’a même pas répondu à nos propositions concernant un tel plan d’investissement et d’embauches, que ce soit au CHUV ou dans les autres institutions du secteur. Dans le parapublic, plutôt que de renforcer le secteur après cette crise, plusieurs hôpitaux régionaux ont même annoncé des plans d’austérité avec le non remplacement des gens qui partent et des coupes partout où c’est possible. C’est une véritable épée de Damoclès qui pèse sur le personnel.

Cette question du manque d’effectifs et de dotation pèse sur toutes les institutions de santé. Pour répondre aux besoins de la population, il faut aujourd’hui revoir les priorités et l’organisation du système dans son ensemble et sortir de la logique de concurrence et d’économies qui pèsent sur l’ensemble du système sanitaire.

Nos revendications au CHUV

Lancée lors de la grève des femmes le 14 juin 2019, une pétition demandant une revalorisation salariale des infirmières et de plusieurs fonctions soignantes du CHUV a été remise à la Cheffe du Département de la santé et de l’action sociale le 6 décembre dernier. Sa réponse date du 26 avril 2020 : il faudrait passer par une commission qui émettrait un préavis avant une décision finale qui reviendrait… au Conseil d’Etat. Pourquoi le Conseil d’Etat refuse-t-il de décider, maintenant et directement, une telle revalorisation ? Il en va de même pour les assistantes sociales en milieu médicalisé, qui ont demandé l’équivalence salariale avec leurs collègues assistantes sociales qui travaillent dans d’autres services de l’Etat et ont reçu la même réponse du Conseil d’Etat.

Une demande de prime Covid 19 en « compensation » de la suppression des droits du personnel de la santé pendant la période Covid a été adressée à la Cheffe du Département. Celle-ci n’a toujours pas répondu à cette demande, formulée par notre syndicat dès la fin mars.

Nos revendications dans le secteur de la santé parapublique (hôpitaux régionaux, EMS, CMS)

L’année dernière, les salaires de tout le personnel du secteur de la santé parapublique ont basculé dans une nouvelle grille salariale. Ce processus a permis d’élever les salaires minimaux mais il ne reconnait ni les années d’expérience ni les formations continues du personnel. Or, les salaires du secteur sont aujourd’hui largement insuffisants. D’autant que la pénibilité de ces professions amène après quelques années à réduire son taux d’emploi. Le Conseil d’Etat doit aller aujourd’hui au bout de la démarche entamée et financer l’application pleine et entière de la nouvelle grille salariale.

Une demande de prime Covid 19 a également été transmise à la Conseillère d’Etat Rebecca Ruiz et aux faîtières patronales des EMS (Héviva, Federems), des hôpitaux (FHV) et des soins à domicile (AVASAD), sans obtenir aucun engagement concret à ce jour.

Au vu de l’écart entre les demandes du personnel et les réponses des autorités et des employeurs, notre syndicat a décidé d’engager la lutte et la mobilisation collective :

Nous appelons l’ensemble des personnels des EMS, des CMS, des hôpitaux régionaux et du CHUV à participer aux assemblées générales qui seront organisées dès la mi-août et à discuter des actions suivantes :

  • Une journée d’actions et de grève dans toutes les institutions de soins le jeudi 24 septembre 2020.
  • Une manifestation massive, avec le soutien de toute la population solidaire, le samedi 26 septembre à Lausanne.
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