Assemblée du personnel enseignant 1-2P Vaud
« Je veux du respect pour moi, mon métier, mes élèves ! »
Inédit ! Le personnel enseignant des classes 1-2P s’est réuni en assemblée générale le 29 avril dernier et a rempli la salle de la Maison du peuple. Lancée par les pétitionnaires, le SSP, Sud et la SPV, cette assemblée fait suite au rejet par le Grand Conseil vaudois de la pétition « Plus de moyens pour les classes 1-2P ! » ; rejet, rappelons-le, soutenu par le Chef du Département de l’enseignement et de la formation (DEF). Elle marque le début d’une nouvelle phase de la mobilisation des enseignantes[1] 1-2P, déterminées à se faire entendre.
« On est comme des infirmières au triage des urgences », mais en plus de dépister, orienter et accompagner, on doit aussi enseigner ! Tout cela dans un contexte où les moyens manquent drastiquement : 18 mois pour qu’un.e enfant obtienne des mesures renforcées (MR), des suivis en logopédie effectués sous les radars pour des enfants en liste d’attente qui ne peuvent pas attendre, des listes d’attente à n’en plus finir, comme le remarque une enseignante : « pour l’accès aux prestations PPLS[2], l’enfant est inscrit.e sur liste d’attente. Liste tellement saturée, que les professionnelles ont créé des listes d’attente de liste d’attente, pour catégoriser le degré d’urgence ». Le système scolaire est sous-pression – ce n’est pas nouveau, comme le rappellent plusieurs enseignantes : « on nous demande de faire avec – ou plutôt sans – et de trouver des solutions aux lacunes du système. Et nous le faisons, car si nous ne le faisons pas, la situation pour nos élèves et leurs familles serait encore plus catastrophique ». Dans la salle, on se demande si le DEF a comptabilisé le coût des burn-out et arrêts maladie des enseignantes qui n’en peuvent plus. Parce qu’au fond, le problème, c’est l’argent ! Une question revient : ne vaut-il pas mieux investir pour des solutions efficaces, comme le co-enseignement, plutôt que de poursuivre cette politique du sparadrap, dont les résultats ne sont pas à la hauteur des besoins et coûtent malgré tout de l’argent ? Le débat est lancé. Et ce n’est pas la réponse du DEF qui va l’apaiser (en download ci-dessous). Comme le rappelle une enseignante : « les chiffres sont trompeurs. On nous annonce des postes PPLS en plus. Mais concrètement, sur le terrain, on fait face à du personnel surchargé, pas toujours formé ». Dans les faits, la réponse du DEF ne satisfait pas : beaucoup de mesures qu’il annonce comme du renfort sont en fait une adaptation à l’évolution démographique des élèves. Voire, un emplâtre sur une jambe de bois, comme les périodes ressources. « On attend une prise de conscience ! un changement du système ! ». Quelqu’un souligne que nos revendications ne sont pas extraordinaires, que d’autres cantons les ont mises en place ». Déterminées à se faire entendre, les enseignantes ont décidé de mandater les syndicats et saisir l’Organe de conciliation, compétent lorsqu’un différend oppose les salarié.es de l’État à leur employeur. En fonction du résultat de cette démarche, une journée de mobilisation aura lieu avant la fin de l’année scolaire.
Isabelle Smekens
SSP-Enseignement
Tu n’as pas pu venir à l’assemblée, il n’est pas trop tard pour nous rejoindre ! Plus d’information
[1] Les femmes étant majoritaires dans la profession – et afin de visibiliser cet aspect dans les enjeux de cette lutte – nous avons choisi d’écrire le texte au féminin.
[2] PPLS : psychologie, psychomotricité et logopédie en milieu scolaire. Plus d’info ici

