Le Syndicat des services publics (SSP–Région Vaud) et le personnel concerné dénoncent avec force la décision incompréhensible du Département de l’économie, de l’innovation, de l’emploi et du patrimoine (DEIEP), dirigé par Mme Isabelle Moret, d’annuler l’ouverture du Centre de vie enfantine (CVE) de l’EVAM à Lausanne, dont l’ouverture était prévue pour octobre 2025.
Cette décision, tombée brutalement le 18 septembre, signe la suppression d’un projet mûri depuis cinq ans, financé, validé et attendu par quarante familles, dont quinze dont les enfants étaient déjà pris en charge par la halte-garderie dans l’attente de cette ouverture, ainsi que le licenciement abrupt des travailleuses qui y étaient engagées.
Le SSP et la section EVAM appellent à un rassemblement le lundi 3 novembre, de 12h à 13h, devant les locaux du CVE Petit Monde (Route de Chavannes 37 EST, Lausanne). Le personnel remettra à cette occasion son courrier de contestation à la Conseillère d’État, invitée officiellement à venir entendre les doléances des employé·e·s et des familles.
Une gestion chaotique et une décision politiquement irresponsable
Le projet de CVE, initié il y a cinq ans par l’EVAM, avait franchi toutes les étapes nécessaires : validation budgétaire, signature des conventions, autorisations d’exploitation, recrutement et formation du personnel, achèvement des travaux. Les subventions de la FAJE et de l’OFAS étaient garanties. Pourtant, au terme de ce long processus, tout a été annulé sans justification claire ni plan de remplacement. Souhaitant manifestement étouffer ce dossier qui a tout du fiasco, la Conseillère d’État Mme Moret et la Direction de l’EVAM évoquent à l’interne une « mesure d’économie », alors que le financement de la structure, si elle avait ouvert, était garanti. Il en va maintenant tout autrement puisqu’il faudrait au Canton payer les travaux de construction, terminés, à hauteur de plus d’un million pour une structure qui restera vide.
Ce volte-face traduit une navigation à vue, un manque d’anticipation et une absence de responsabilité politique. Il ouvre également la porte à de nombreuses spéculations sur les véritables motifs de cette annulation, aussi scandaleuse qu’aberrante, tant au niveau humain, structurel que financier ! Le Conseil d’État prétend vouloir réaliser des économies, mais gaspille ici des ressources publiques considérables : des locaux neufs, construits et payés, resteront vides alors même que la pénurie de places d’accueil frappe durement les familles.
Des familles et des travailleuses sacrifiées
Cette fermeture ne relève pas d’un simple contretemps administratif : elle a des conséquences humaines et sociales graves. Quarante familles avaient déjà inscrit leur enfant dès l’ouverture, dont une quinzaine bénéficiaient déjà d’une place dans la halte-garderie Mini Monde qui occupait déjà les locaux depuis le mois d’août dans l’attente de cette ouverture. Plusieurs d’entre elles, bénéficiaires de l’EVAM, sont engagées dans un parcours d’insertion professionnelle (stage, formation ou emploi).
Le retrait du projet les place devant le fait accompli, les empêchant de travailler, de s’intégrer et, paradoxalement, de réduire leur dépendance à l’aide publique.
Quant au personnel, il a été informé dans la précipitation, sans perspective ni accompagnement. Des femmes investies, qualifiées et engagées, ayant quitté leur emploi précédent pour ce projet, se retrouvent aujourd’hui sans poste. L’irrespect institutionnel dont elles font l’objet est indigne d’un employeur public.
Une opacité préoccupante
Le SSP dénonce enfin la communication défaillante de la direction de l’EVAM, dont les erreurs de gestion n’ont eu pour conséquence que de sanctionner les travailleuses et les familles.
Aucune transparence n’a été apportée sur les motifs réels de l’annulation du projet, ni sur le devenir des infrastructures, financées sur fonds publics. Cette opacité interroge profondément la gouvernance d’un établissement public censé promouvoir l’intégration et le bien commun. L’annulation a été annoncée au personnel comme aux cadres uniquement douze jours avant l’ouverture officielle, à la surprise et à la consternation générale. Depuis, l’EVAM n’a pas communiqué. Si, sur le site de l’EVAM, une page d’erreur apparaît là où se trouvait il y a encore peu celle sur le CVE Petit Monde, sur Facebook l’EVAM vante encore la nécessité et l’importance de ce projet tout en invitant les entreprises voisines à engager des partenariats pour le faire évoluer !
Le SSP exige des réponses
Le SSP et la section EVAM exigent :
• la réouverture du projet de CVE Petit Monde ;
• le réengagement du personnel licencié ;
• la prise en compte immédiate et urgentes des besoins des familles dont le contrat de garde a été dénoncé avec un délai de quelques jours ;
• une explication publique claire du Département et de la direction de l’EVAM sur ce fiasco humain et financier ;
• un audit indépendant et transparent sur la gestion de ce dossier et les véritables motifs de cette fermeture abrupte.
Le 3 novembre, le personnel prendra la parole lors de ce rassemblement pour faire entendre ses revendications. La Conseillère d’État Isabelle Moret est invitée à venir entendre le personnel licencié et recevoir leur courrier de contestation en main-propre.
Le SSP appelle l’ensemble de ses membres ainsi que la population à participer à ce rassemblement pour dénoncer collectivement une gestion aussi inhumaine qu’absurde et exprimer leur solidarité avec les familles abandonnées par l’EVAM et avec le personnel brutalement licencié.

