Pour un accueil universel

Aujourd’hui, on veut limiter l’accès aux locaux de consomation. Demain, ce seront les repas, les douches, les abris. Nous défendons l’accueil sans condition, pour touxtes, et voulons faire entendre nos voix dans les débats publics et peser dans les décisions qui nous touchent touxtes.

Aux acteur·ice·x·s du bas seuil

Depuis plusieurs mois, la Ville de Lausanne et le Canton de Vaud multiplient les initiatives visant à restreindre l’accès aux espaces de consommation sécurisés. Certaines conditions sont déjà annoncées : bientôt, seul·e·x·s les résident·e·x·s vaudois·e·x·s pourront encore bénéficier des locaux et de l’accompagnement que l’on propose aujourd’hui à tous·te·x·s. Les autres ? Iels sont prié·e·x·s de disparaître, de consommer ailleurs, sans qu’on sache bien où. Non seulement les personnes enregistrées dans d’autres cantons, mais aussi les sans-papier·ère·x·s et les personnes sans chez-soi : une fois de plus, ce sont les usager·ère·x·s de drogue les plus précaires qui paieront le prix fort.

Les locaux de consommation d’ABS sont aujourd’hui les premiers visés par ces mesures, mais il est clair que la logique qui se met en place dépasse largement la question de l’addiction. Elle s’exprime déjà dans les postulats déposés : demain, ce sont aussi les hébergements d’urgence, les soupes populaires, les espaces d’hygiène et d’autres formes d’aide inconditionnelle qui risquent d’être touchés. C’est tout le bas seuil qui est menacé, et c’est le principe même de l’inconditionnalité qui est attaqué au nom de frontières administratives, d’une politique discriminatoire et de coupes budgétaires.

Ces décisions vont à l’encontre de ce qui fonde notre engagement au quotidien : ouvrir des portes, garantir l’accès sans condition, accueillir les personnes là où elles en sont, sans exiger de papiers, d’adresse ou de statut. C’est ce qui nous permet de rejoindre les plus précarisé·e·x·s, celles et ceux que le système cherche à faire disparaître de l’espace public.

En tant que travailleur·euse·x·s de terrain, militant·e·x·s et allié·e·x·s, nous savons mieux que quiconque ce que ces restrictions signifient concrètement : devoir exclure, renvoyer, fermer la porte à des personnes que nous avons choisi d’accompagner. Et ce faisant, supprimer des espaces de répit qui existent encore, les exposant pleinement à la répression policière, à la précarité organisée, aux violences systémiques, aux consommations contraintes à la clandestinité – à tout ce qui avait justement légitimé la mise en place du dispositif bas seuil en premier lieu. Ces mesures ne font pas que « gérer » la pauvreté : elles produisent activement l’exclusion et la vulnérabilité. Nous refusons que notre éthique professionnelle et humaine soit sacrifiée au profit d’une logique économique et répressive.
Face à cette offensive et dans une actualité médiatique où sont particulièrement relayés les discours alarmistes et sécuritaires, il nous semble nécessaire de nous retrouver entre celles et ceux qui font vivre le bas seuil au quotidien : salarié·e·x·s, bénévoles, collectifs, militant·e·x·s et personnes concernées. Nous voulons formuler un discours qui vient du terrain, sans la présence des politiques en campagne électorale, ni des directions d’institutions qui s’alignent pour garantir leurs subventions. Nous voulons créer un espace horizontal pour partager nos constats, confronter nos expériences, et surtout réfléchir ensemble à la manière de construire une riposte collective et solidaire.

Cette rencontre est organisée dans le cadre du Syndicat des Services Publics, qui permet aujourd’hui aux travailleur·euse·x·s d’ABS de se réunir et de porter leur voix. Mais elle s’adresse bien au-delà du cadre syndical : elle est ouverte, horizontale et tournée vers toutes celles et ceux qui veulent faire entendre les revendications des personnes concernées et défendent un accueil inconditionnel.

Le SSP vous invite doncà participer à cette rencontre

le 28 octobre 2025 à 19h

salle Jean Villard-Gilles, Maison du Peuple · Place Chauderon 5, Lausanne

L’objectif n’est pas seulement d’échanger, mais de construire ensemble une force commune, capable de faire entendre une autre voix que celle de la répression, des exclusions et des coupes budgétaires. À nous de montrer que le bas seuil n’est pas une concession, mais une nécessité. Et que nous n’avons pas l’intention de le laisser démanteler.
Nous vous espérons nombreux·ses·x.
Solidarité et détermination

Flyer Rencontre 28 octobre 2025

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07.10.2025 Flyer bas-seuil 28 octobre 2025 PDF (1,1 MB)