La Haute École de Santé – Vaud HESAV vient d’inaugurer son nouveau bâtiment situé sur le campus santé de Dorigny. Fin août, à moins de trois semaines de la rentrée, l’emménagement a eu lieu dans un bâtiment encore en pleins travaux, au mépris des droits et de la santé des travailleur-euse-s de la construction, du personnel de HESAV et des étudiant-e-s. Face aux discours convenus sur le succès du projet et l’originalité architecturale du nouveau campus, nous souhaitons souligner les conséquences tangibles de la gestion de ce chantier pour l’ensemble des personnes qui y travaillent et y étudient.
Les collègues venus travailler sur site subissent le bruit des perceuses, de fortes odeurs de peinture et de colle, ainsi que l’omniprésence de poussières, tandis que des étudiant-e-s ont dû emménager sur le campus dans des logements non terminés. Plusieurs étages, et notamment les auditoires et les salles de cours, sont à une semaine de la rentrée toujours en chantier et totalement inaccessibles au personnel, dont la présence entrave par ailleurs le travail des travailleur-euses du bâtiment qui tentent de boucler, dans la pression de l’urgence, des câblages électriques, des travaux de peinture, l’aménagement des salles de cours etc., dans la continuité d’un chantier conduit dans des conditions estivales extrêmes. Côté HESAV, la planification de rentrée doit être revue en dernière minute : c’est déjà le cas pour l’accueil des étudiant-e-s lors de la semaine dite de rentrée administrative et les premiers enseignements déplacés en urgence dans les anciens locaux, des événements pédagogiques annulés, avec le surcroit de travail que cela engendre. Or ces nuisances et incertitudes surviennent dans un contexte déjà fortement surchargé (augmentation du nombre d’étudiant-e-s, multiples programmes de formation, arrivée de la filière ergothérapie...).
Alors que des discours officiels louent la « résilience » du personnel (une manière d’endormir les réactions et résistances), comment ne pas considérer le risque d’accidents lié aux usages multiples et non anticipés du même espace, les atteintes à la santé, la désorganisation et le stress encourus dans ce contexte ? Nous déplorons le choix de mener, puis de poursuivre ce chantier à marche forcée, d’autant plus après l’accident mortel survenu le 15 juin, dans ce contexte de pressions des délais. L’interpellation déposée au Grand Conseil par Mathilde Marendaz pour demander un report du déménagement n’a trouvé pour réponse que le déni par l’État de l’existence d’un retard. Le SSP demande la transparence sur les responsabilités quant à cette situation et la prise en compte prioritaire de la santé et de la sécurité des employé- e-s et étudiant-e-s de HESAV comme des employé-e-s du chantier.
Article publié dans la Lettre Info Hautes Écoles no 30 (septembre 2026).

