Négociations sur l'Ecole de commerce dans les gymnases

Prise de parole du SSP-Enseignement à la journée des Assises cantonales sur l'Ecole de commerce (une revendication des syndicats) où plus de 100 collègues étaient réuni-e-s pour un bilan et la constitution de revendications pour des négociations avec le DFJC.

L'Ecole de commerce dans les gymnases est, depuis plusieurs mois, à nouveau l'objet de sérieuses discussions entre le Département et les enseignant·e·s, avec le soutien des syndicats. Ceci est dû en particulier à une décision prise par la CDGV, avalisée à l'époque par le DFJC, de regrouper les classes de cette filière dans deux gymnases pour le Grand Lausanne. Récit des discussions et négociations à venir ci-dessous.

Négocier sur l'Ecole de commerce

La Journée des assises cantonales sur l’Ecole de commerce, organisée à la demande des syndicats et sous la responsabilité de la DGEP, a eu lieu en septembre dernier avec une participation active de plus de cent collègues, issu·e·s de tous les gymnases du canton.

Cette journée a certes débuté par une présentation affligeante de la Réforme Commerce 2022 par un représentant du Centre jurassien d'enseignement et de formation, présentation très problématique par son manque de vision et sa haute dose de technocratie; mais elle a pu, ensuite, dans la foulée des interventions du SSP et de SUD, permettre aux collègues présent-e-s de réfléchir et d’échanger, lors d’ateliers, sur leurs perspectives ainsi que sur les limites de la formation en Ecole de commerce.

Les difficultés concrètes rencontrées dans la classe ou encore la formation exigée d’elles/ d’eux pour y enseigner étant également à l’ordre du jour.

Il s’agissait également de dresser une liste de mesures pour améliorer la situation, liste dont les revendications principales ont été exposées à la Cheffe du DFJC, présente en fin de journée. Celle-ci s’est engagée à mener des discussions avec les files et a confirmé que des négociations s’ouvriraient avec les syndicats (elles auront lieu fin janvier).

Parmi les nombreuses revendications (dont nous vous informerons plus avant prochainement), signalons notamment l’opposition au regroupement sur deux établissements dans le Grand Lausanne, la demande que le DFJC s’engage concrètement, auprès des autorités fédérales compétentes, pour l’importance de la Culture générale dans cette formation et à obtenir des améliorations, la nécessité d’une baisse des effectifs en première année à maximum 20 élèves par classe, un renforcement du soutien aux élèves hors cours, une révision en profondeur des contenus de la formation dite des 300h, considérée unanimement comme inutile, du moins dans sa forme actuelle.

Le SSP était bien entendu présent à cette journée où il a pu rappeler, notamment par l’intervention en plénum de l’un de ses représentant·e·s, la vision qu’il a défendue jusqu’ici au sujet de cette Ecole et les enjeux qu’elle représente, selon lui, pour l’ensemble de la formation post-obligatoire. Nous avons enfin esquissé quelques interrogations et pistes (cette intervention est téléchargeable ici).

À nos yeux, plusieurs éléments posent problème:

Premièrement, les programmes standardisés et les objectifs inatteignables mettent en danger la nécessité d’une formation émancipatrice des élèves ainsi que l’autonomie pédagogique des enseignant·e·s.

Deuxièmement, la surcharge et la pénibilité du travail menace notamment la qualité de l’enseignement: cette surcharge est valable autant pour les élèves que pour les enseignant·e·s. Il est urgent que le DFJC prenne des mesures pour améliorer la situation. Troisièmement, la formation des enseignant·e·s, sur laquelle le SSP est déjà intervenu régulièrement, obtenant certains allègements. Si le SSP rappelle son attachement à ce que les enseignant·e·s soient formé·e·s, il continue à dénoncer la manière dont la formation dite des "300h" est imposée ainsi que son contenu, qu’il juge inadapté à l’enseignement visé. Des décharges pour suivre la formation sont exigées ainsi que des modifications substantielles de son contenu. Enfin, la certification de cette Ecole implique, d’après la DGEP et la CDGV, l’introduction d’une démarche qualité dans l’ensemble des gymnases disposant de cette filière. La norme qualité choisie QSC inspirée par une logique de New Public Management représente un danger pour notre école publique. Nous refusons catégoriquement d’ouvrir la porte à de telles logiques.

Les assises auront été un point de départ et d’ancrage important vers une réflexion de fond sur l’Ecole de commerce. Nous attendons maintenant que de vraies négociations puissent avoir lieu et que celles-ci débouchent sur des améliorations substantielles de cette filière.

Pour le SSP-Enseignement, il est clair que la situation actuelle est largement insatisfaisante et, même, qu’elle n’est plus vi(v)able à moyen terme.

Dans le cas où des garanties sérieuses ne pouvaient pas être données par le DFJC, la sortie de l’Ecole de commerce des gymnases serait alors une option à envisager sérieusement.

Article paru dans notreLettre info n°52

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