Burier 1.5. Zéro pointé!

Photo: Eric Roset

Le projet d’extension du gymnase de Burier avance à grands pas, sans consultation des salarié.e.s. ni des syndicats mandatés par ces derniers.ères.

La DGEP a attendu quelques minutes avant une conférence d’établissement qui accueillait Cesla Amarelle et Lionel Eperon pour publier un Exposé des Motifs (EMPD) tenu secret jusqu’alors. De fait, les salarié.e.s n’ont pu y réagir lors de la conférence d’établissement, et n’ont eu que quelques jours pour faire parvenir leurs vues à la commission parlementaire chargée de l’étude de cet EMPD. Cette manière de procéder, coutumière dans ce dossier, ne peut être interprétée que comme une volonté d'écarter les salarié.e.s. L’analyse succincte de L'EMPD laisse pantois·e : aucun aménagement pour la bibliothèque du gymnase, aucun poste supplémentaire pour les services de santé, pour la médiation, pour l’orientation professionnelle, insuffisance crasse en terme de salles informatiques, etc. Cette extension fera monter la population estudiantine à 2100 élèves (!!!), et l’hypothétique second établissement destiné à une école professionnelle sur le site de Burier, ou l’hypothétique ouverture d’un gymnase à Aigle (pour 2020 ou 2022 ou 2026…) signifie que le gymnase de Burier est condamné à avoir une population supérieure à 2000 élèves durant au moins 6 ans, en étant très optimiste…

YERSIN, AU COIN!

Ce faisant, c'est la politique de planification des gymnases telle que formulée dans le rapport Yersin qui est désavouée, imposant de conditions de formation dangereusement rabaissées et, de fait, potentiellement inégales sur le territoire du canton. Ce rapport préconisait des gymnases n’excédant pas les 1200 élèves et stipulait: "La stratégie de planification […] conduit à ne plus forcément chercher à densifier les centres existants, mais à permettre la construction d’établissements de taille inférieure susceptibles de délester la charge pesant sur les gymnases actuels. […] l’augmentation du nombre d’élèves sur un seul site conduit à l’émergence de problèmes de gestion dont la complexité peut se développer de manière exponentielle."

PAS D'ARGENT POUR LES ELÈVES.

Les manquements des quinze dernières années en terme de planification et de construction émergent à Burier, au détriment des conditions de travail des salarié.e.s et surtout des conditions d’étude des gymnasien·ne·s. Tant sur la forme - salarié·e·s tenus à l'écart - que sur la fond - naissance d’un établissement monstre sous-doté en personnel et infrastructures - cela est de très mauvaise augure pour tous les gymnases du canton. Le DFJC et le Conseil d'Etat ne semblent pas prêts à faire face à l’augmentation des effectifs. Pourquoi? L’EMPD nous donne un élément de réponse : "Pour des raisons d’économie de moyens, le Conseil d’Etat renonce pour le moment à la construction d’une deuxième salle de sport, d’une bibliothèque, d’une salle de musique et d’une infirmerie, ce dernier aspect n’est pas péjorant sur le plan sécuritaire… »

Article paru dans La Lettre d'information du SSP-Enseignement n°49

A lire aussi: Brève sur la situation de Burier dans la Lettre info n°47

Depuis la parution de cet article, les salarié·e·s de Burier se sont une nouvelle fois réuni·e·s en Assemblée générale au cours de laquelle ils·elles ont à nouveau réaffirmé, dans une lettre adressée à la Cheffe du DFJC, leur position au sujet du projet d'extension de Burier et réitéré leur mandat aux syndicats. Ils·elles demandent, une fois encore, que de véritables négociations soient enfin ouvertes.

Résolution de soutien

Photo: Igor Snider

Plusieurs gymnases ont d'ores et déjà voté une résolution de soutien aux collègues et aux élèves de Burier.

Ce modèle est à disposition des collègues pour en faire de même sur leur lieu de travail. N'hésitez pas !