Des avancées pour demain

de: Raphaël Ramuz, secrétaire syndical SSP Vaud

VAUD . Bilan de la campagne syndicale contre le budget d’austérité 2026 qui s’est terminée par son acceptation le 17 décembre: de petits gains budgétaires, une importante victoire politique et des avancées syndicales majeures.

Manifestation du 18 novembre 2025 Photo : Valdemar Verissimo

Cette lutte a commencé par une manifestation réunissant plus de 15 000 personnes le 2 octobre (quatre autres suivront, atteignant jusqu’à 28 000 participant-e-s) et s’est concrétisée par de nombreux jours de grève (jusqu’à 13 pour certains lieux de travail) et d’actions. Si les améliorations obtenues sont loin d’être négligeables, ce budget n’en reste pas moins profondément austéritaire. En revanche, le recul du Conseil d’État doit être considéré comme une victoire politique importante. De même, l’extension de la mobilisation à de nouveaux secteurs et l’accroissement de l’auto-organisation des collectifs sur les lieux de travail, qui a permis des grèves reconductibles, sont des acquis majeurs de cette lutte.

Du point de vue des gains concrets, on trouve d’abord l’annulation des trois-quarts des coupes dans la santé parapublique annoncées avant le dépôt du budget et retirées à la suite de la mobilisation populaire. Ensuite, les mesures d’austérité retirées par le Parlement, parmi lesquelles on notera la réduction de moitié des coupes dans les EMS, la suppression de celles dans le secteur de l’enfance pour 2027 et le maintien du financement des rattrapages salariaux dans le secteur social. Enfin, les reculs les plus médiatisés que sont le retrait par le Conseil d’État des décrets sur la «contribution de crise» et les décharges de fin de carrière.

UNE VICTOIRE POLITIQUE SUR LE CONSEIL D’ÉTAT. Le retrait des deux décrets ne représente pas un gain énorme sur le plan comptable (25 millions), mais une victoire importante pour la mobilisation. En retirant ses deux décrets au milieu du débat parlementaire, le gouvernement n’a pas assumé ses choix tactiques et a reculé face à la mobilisation.

Le Conseil d’État voulait en effet restreindre le périmètre et la temporalité des «négociations» avec les syndicats. Ainsi, les deux séances des 17 et 23 septembre étaient faites pour présenter uniquement les mesures salariales du budget (environ 30 millions sur les 305 millions de coupes) avant de publier le budget le 24 septembre et de le transmettre à la Commission des finances du Parlement.

L’option du Conseil d’État était donc de se délester de la responsabilité du budget et de décourager ainsi un mouvement de contestation devenu, selon lui, sans interlocuteur. De fait, le Conseil d’État a tenu cette position pendant presque deux mois, jusqu’au vendredi 12 décembre, refusant systématiquement toute ouverture. Mal lui en a pris puisque cela n’a fait qu’attiser le feu des mobilisations et les a étendues, dès l’ouverture des débats parlementaires, à une pression mise également sur le Grand Conseil.

À la fin de la première lecture du budget, le 10 décembre, le Conseil d’État pouvait parfaitement, arithmétiquement, faire passer son budget en force avec la droite. Il a préféré, dans la confusion, retirer ses deux décrets salariaux le vendredi 12 décembre, dans un simulacre de «compromis» qui n’était validé par personne, mais visait à montrer sa prétendue volonté d’«équilibre».

En cela, il a prouvé que son argumentation pour refuser les négociations était mensongère et a donné raison à la mobilisation, qui affirmait que le Conseil d’État pouvait encore agir et a fait bouger les lignes.

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Paru dans "Services Publics" 1-2026


Galerie: Journées de grève, manifestation et actions des 12,15, 16 et 17 décembre