Rentrée scolaire 2025/26 : le compte n'y est pas !

de: SSP-Enseignement

Le DEF a communiqué aujourd'hui sur ses priorités pour la rentrée scolaire 2025/26 : développer les compétences transversales des élèves, améliorer le climat scolaire et les relations familles-école. Pour le SSP, le DEF manque sa cible, les vraies priorités sont ailleurs.

Eric Roset

L’année scolaire qui commence sera chaude, et pas uniquement à cause de la canicule ! En avril dernier, lors de la présentation des comptes 2024, le Conseil d’État a annoncé des "mesures d’assainissement". Celles-ci s'élèvent à 79 millions de coupes immédiates pour 2025, dont 13,5 millions pour le DEF. Et ce n'est que le début car, pour 2026, le Conseil d'Etat devra économiser 330 à 400 millions. Hormis les informations sorties sur les coupes dans la santé parapublique et à l'Université de Lausanne, nous ne disposons pas, à l’heure actuelle, d'informations sur la manière dont ces 300-400 millions de coupes prévues pour 2026 seront mises en œuvre. Mais l’annonce de la suppression de 7% de la subvention cantonale à l’Université de Lausanne (24 millions) laisse augurer la violence des mesures qui nous attendent : "Cette attaque violente contre les services publics intervient dans un contexte où l’école manque déjà de ressources" rappelle Cora Antonioli, enseignante au secondaire II. Ces mesures d’austérité ne sont pas là par hasard, elles sont le fruit de choix politiques, et notamment d’une politique de baisse fiscale et de cadeaux fiscaux depuis 15 ans. "Je combattrai le choix du gouvernement de privilégier les riches au détriment de l’école", affirme Elise Glauser, enseignante 1-2P. Le SSP s’opposera, sur les lieux de travail et dans la rue, à cette cure d’austérité.

1-2P : À QUAND LES MOYENS POUR RELEVER LES DEFIS DE L’ENTREE A L’ECOLE ?

Ce printemps, ce sont plus de 500 enseignant.es des classes 1-2P qui ont manifesté sous les fenêtres du DEF pour exprimer leur ras-le-bol du manque de moyens pour l’école à visée inclusive. Les jeunes enfants qui entrent à l’école font face pour la première fois à la culture scolaire. "La découverte d’un nouveau lieu de vie, de nouvelles personnes, la découverte de toutes sortes de règles liées au fonctionnement d’une classe sont des défis difficiles à relever pour les enfants, nécessitant des moyens supplémentaires. A l’heure actuelle, les ressources dont nous disposons ne nous permettent pas d’accompagner les enfants comme il le faudrait, ce qui crée de la souffrance tant chez les enfants que chez les enseignant·es" affirme Solweig Dénéréaz, enseignante 1-2P. "Nous avons besoin d’une réelle prise en compte des spécificités de la 1-2P" plaide l’enseignante. Continuer à laisser un·e enseignant·e seul·e gérer 20 enfants ne permettra pas d’avoir une école de qualité ni de relever les défis de l’école inclusive. Nous attendons de pied ferme les négociations avec le DEF qui doivent commencer cet automne. D’ici là, les moyens déployés pour la rentrée 2025 ne présagent pas une rentrée sereine.

GYMNASES SOUS PRESSION

L’enseignement gymnasial manque aussi clairement de moyens à cette rentrée. D’une part, il n’échappe pas à la politique d’austérité du Conseil d’État : les directions d’établissements ont déjà dû procéder pour 2025 à des coupes de centaines de milliers de francs (achat de matériel pédagogique, mobilier, bibliothèque, etc.). Au niveau du personnel, alors que le DEF s’y était formellement engagé, il a finalement renoncé, pour des questions budgétaires, à revaloriser le statut des enseignant.es de musique et d’arts visuels des gymnases, prétérités de longue date. Ce n’est qu’un avant-goût de coupes beaucoup plus massives auxquelles les enseignant.es devront faire face l’année prochaine. D’autre part, alors que le DEF ne cesse de vanter sa "vision à long terme" pour les lieux de formation du secondaire II (stratégie à l’horizon 2040), la réalité qui se dessine sur le terrain est toute autre : retards de construction, travaux de rénovation et d'extension programmés – entraînant la fermeture durant plusieurs années d’établissements (Cité et Bugnon-Ours) – et retrait annoncé du bâtiment de Fréminet de Beaulieu suite à la sortie de l’École de commerce des gymnases. Cela augure que le manque de places va se renforcer avec pour conséquence des classes surchargées : "25, 26, 27 voire 28 élèves dans une classe, c’est depuis 15 ans le lot quotidien d’élèves et d’enseignant·e·s du gymnase, alors que le plafond règlementaire de 24 élèves par classe est déjà élevé particulièrement en première année. Or ces effectifs posent problème tant au niveau pédagogique que pour nos conditions de travail" rappelle Luca Pellegrini, enseignant au secondaire II.

RÉFORME MAT-EO : QUATRE ANS DE MATURITÉ… EN MODE AUSTÉRITÉ

Après le passage en force du modèle 10/11+4, sans consultation ni justification sérieuse, le chantier se poursuit. Oui, quatre ans de maturité sont nécessaires pour relever les défis éducatifs. Mais pas au prix du saccage du secondaire I et d’une sélection accrue des élèves. Cette réforme brise la cohérence du cycle 3, envoie prématurément des élèves au gymnase sans programme complet, crée une hiérarchie délétère dans les classes et renforce le stress sélectif. Elle met en péril des postes dans le secondaire I et renforce le manque de locaux pour les gymnases. « Derrière la communication départementale, la vérité est simple : le DEF finance la 4e année de gymnase en saignant les dernières années de l’école obligatoire », remarque Marc Gigase enseignant au secondaire II. Ce projet s’inscrit donc en cohérence avec la politique d’austérité de l’actuel Conseil d’État. Par ailleurs, le SSP rejette aussi la compétition artificielle entre filières générales et professionnelles. Nous attendons toujours une véritable revalorisation de la formation professionnelle – pas des annonces creuses : développement de filières mixtes, maturité professionnelle renforcée, conditions de travail dignes en entreprise et un droit effectif à la formation pour toutes et tous. Mais là aussi, dépasser la communication nécessiterait des choix budgétaires différents.

La rentrée s’annonce donc chaude. Le SSP se battra contre les mesures d’austérité et lance une campagne pour un véritable plan canicule qui garantisse la protection du personnel et des élèves (vaud.ssp-vpod.ch/canicule).


CP rentrée
13.08.2025 Communiqué de presse rentrée 2025/26 PDF (220,6 kB)
14.08.2024 Rentrée 2024_CP_SSP-E PDF (195,5 kB)
16.08.2022 CP rentrée 2022 PDF (190,1 kB)
17.08.2021 SSP-CP-Rentrée 2021-2022 PDF (207,6 kB)
18.08.2020 Des moyens exceptionnels pour une rentrée exceptionnelle PDF (212,1 kB)
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13.08.2025 Communiqué de presse rentrée 2025/26 PDF (220,6 kB)