Mesdames et Messieurs les Conseiller.ère.s d’Etat, Mesdames et Messieurs les député.e.s,
Nous, les accueillantes en milieu familial, nous adressons à vous aujourd’hui car nous avons un message important à vous donner.
Pendant des années, nous avons contribué à l’éducation des enfants de tout le canton, en étant déconsidérées. Nous ne ferions pas un « vrai travail ». Nous n’aurions le droit qu’à un « salaire d’appoint ». Notre salaire aujourd’hui est de CHF 6.35 de l’heure et nous vous demandons : qui travaille pour ce salaire dans ce canton ? Qui peut vivre de ce salaire dans ce canton ? Même les jeunes qui font du babysitting, sans expérience, sont payés davantage. 12 CHF par heure pour les jeunes entre 13 et 17 ans selon les tarifs de la croix-rouge. 16 CHF par heure dès 18 ans. Pourtant, certaines d’entre nous exercent parfois ce métier depuis plus de vingt ans. Malgré nos nombreuses années d’expérience et les formations continues que nous suivons, nous restons payées CHF 6.35.- de l’heure par enfant. Et comme nous ne sommes pas payées lorsque les enfants ne sont pas là, nos heures de préparation de l’appartement, de nettoyage, de courses et même nos heures pour préparer le repas de midi des écoliers ne comptent pas comme du temps de travail. Nous sommes au final obligées de multiplier le nombre d’enfants gardés et de cumuler de très nombreuses heures de travail au détriment de notre santé, de notre vie de famille et de la qualité de l’accueil familial que nous voulons offrir pour avoir un revenu permettant de vivre.
Notre message aujourd’hui est important et nous vous demandons de nous entendre et de nous prendre en considération :
Notre travail a une valeur. Nous valons plus. L’accueil familial vaut plus. Il est un chaînon de notre dispositif d’accueil de l’enfance et nous y tenons, les familles y tiennent et nous voulons l’améliorer. Nous participons à l’éducation des enfants de tout le canton, nous en prenons soin. Nous voulons le faire sans subir la précarité dans laquelle toute une profession se trouve aujourd’hui. Toute une profession qui en a aujourd’hui assez d’être déconsidérée. Nous sommes aujourd’hui déterminées à améliorer nos conditions de travail pour améliorer la qualité de l’accueil familial. Nous entamerons des négociations, appuyées par notre syndicat le SSP, dès janvier 2026 pour discuter d’un cadre cantonal qui règlent les conditions de travail de l’accueil familial et nous avons besoin que le canton nous donne des moyens pour les améliorer. Les coupes prévues par le Conseil d’Etat ne sont pas envisageables dans le secteur de l’enfance aux besoins si importants, avec le rôle si important qu’il joue dans notre société, pour les familles et pour les professionnel.le.s !
Aujourd’hui, nous sommes en grève car nous sommes aussi des salarié.e.s. Nous avons des droits et nous voulons qu’ils soient enfin respectés. Nous ne sommes pas d’accord avec la diminution de la subvention de la Fondation pour l’accueil de jour de l’enfance (FAJE) que prévoit le Conseil d’Etat. Nous avons besoin de sérieux moyens supplémentaires de la part du canton, via la FAJE, dès 2026, et encore plus en 2027 pour financer des nouveaux projets pilotes, négocier et améliorer les conditions de travail et la qualité de l’accueil familial. Le canton doit contribuer à cette amélioration pour répondre aux besoins des familles dans tout le canton !
Pour que notre travail soit maintenant reconnu, pour un accueil familial de qualité, nous vous remercions pour votre soutien !
Les accueillantes en milieu familial du Réseau-L
Pour prendre contact avec notre secrétaire syndicale : / 077 487 54 73
