L’égalité n’est pas un programme de beau temps!

de: Vanessa Monney

Après avoir sciemment réduit le budget de l’État en baissant les taux d’imposition, c’est donc maintenant au tour des salarié·e·s, principalement des femmes dans la santé par exemple, et à la population, de payer les baisses fiscales qui bénéficieront essentiellement aux plus riches de ce canton. Non seulement notre syndicat s’oppose au démantèlement des services publics, absolument essentiels à une société égalitaire, mais nous exigeons aussi du Conseil d’État qu’il s’assoie enfin autour de la table de négociations pour discuter de nos revendications concernant l’égalité.

Action du 8 mars 2025: stop à la politique de l'aubergine du Conseil d'Etat, violet à l'extérieur mais page blanche à l'intérieur.

Depuis 2019, une seule séance de discussion dite « technique » a eu lieu en décembre 2023. En six ans, seul un nouveau règlement relatif à la protection de la personnalité, à la gestion des conflits et à la lutte contre le harcèlement dans les relations de travail au sein de l’État de Vaud (RPCH) a été adopté. Maigre avancée lorsqu’on l'on sait que des milliers de personnes ont fait grève et se sont mobilisées lors des 14 juin 2019 et 2023 !

Notre syndicat ne lâchera rien. L’égalité n’est pas un programme de beau temps. Nous exigeons l’ouverture de réelles négociations à ce sujet.

Nous demandons notamment :

  • La réduction générale du temps de travail (le 80% doit devenir le futur plein temps sans perte salariale ; garantie de retrouver son taux d’activité en cas de réduction liée aux tâches éducatives ou d’un proche malade dans un délai de quatre ans).
  • Des congés parentaux (respect des dispositions fédérales en matière de congés pour enfants malades, allongement du congé maternité et paternité et mise en place d’un congé parental d’un an en sus).
  • Application des dispositions légales déjà obligatoires au sujet de la maternité et non respectées à l’État de Vaud (dispositif de protection durant la grossesse et l’allaitement, remplacement systématique des congés maternités, locaux d’allaitement et comptage comme temps de travail).
  • Accueil des enfants (1 enfant, 1 place dans toutes les régions du canton ; mise en œuvre d’une politique cantonale de l’enfance ; amélioration du taux d’encadrement).
  • Ré-internalisation des services de nettoyage et de restauration au sein du personnel de l’État (ces métiers externalisés sont d’ailleurs les premiers à souffrir dans le contexte actuel de coupes budgétaires).
  • Amélioration des salaires (notamment, le financement d’une pleine indexation, une meilleure reconnaissance du travail non rémunéré dans la fixation du salaire initial, une analyse genrée des salaires par secteurs et une revalorisation des professions majoritairement féminines, la baisse à 0 du seuil de tolérance des analyses Logib).
  • Prévention du harcèlement sexuel (enquête pour documenter le problème ; campagnes de prévention).

Ce manque de prise en considération par le Conseil d’État de demandes impliquant une mise en place concrète de mesures permettant de favoriser l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas acceptable. Que le Conseil d’État s’affiche le 14 juin accessoirisé de rose ou de violet pour son communiqué du jour ne rend que plus vain et vide son discours qu’il ressort pour l’occasion. Plutôt que de manifester un soutien de façade par des mises en scène opportunistes, le Conseil d’État ferait bien de tenir ses engagements et d’entamer enfin de sérieuses négociations sur ces sujets importants.

Notre syndicat est invité à une deuxième séance dite « technique » ce mercredi 27 août 2025 - la deuxième donc en six ans. Nous nous y rendrons, mais nous ne sommes pas dupes.

Nous demandons l’ouverture de véritables négociations. Nous nous battrons, ces prochains mois, contre les coupes budgétaires et pour la mise en œuvre de mesures favorisant l’égalité entre femmes et hommes à l’État de Vaud !