«On a les crocs»: mettons la restauration collective sur la table!

de: SSP Hautes écoles

Depuis plusieurs mois, le comité unitaire «On a les Crocs» s’attaque à la question de la restauration collective à l’UNIL. Le SSP participe à ce mouvement en compagnie de Sud-EP et des associations AJE, la NoCAP et Unipoly.

Photo: Jonathan Borba, Unsplash

Après une assemblée générale, une pétition adressée à la direction de l’UNIL est en cours de signature: https://act.campax.org/petitions/on-a-les-crocs La pétition reprend quatre revendications centrales, qui mériteraient en réalité d’être généralisées à toutes les hautes écoles : des menus à 3 frs partout, l’internalisation de toutes les cafétérias, 80% de consommation végétarienne et «une pause de midi pour tout·x·es». Éclairages sur une campagne qui combine enjeux de justice sociale, enjeux écologiques et amélioration des conditions de travail et d’études.

Combattre la précarité étudiante

Se nourrir est un besoin vital, mais devient de plus en plus un luxe. À l’heure où le coût de la vie explose, les primes maladies prennent l’ascenseur et les prix des logements font grincer des dents, nombreux·ses sont celles et ceux qui, faute de moyens, se privent de manger à leur faim. Cette réalité frappe particulièrement les étudiant·e·s, qui cumulent souvent des emplois partiels mal rémunérés, en l’absence de bourse ou lorsque celle-ci ne suffit pas pour couvrir leurs besoins. De plus, le manque d’indexation des bourses d’études représente une perte de revenu réelle pour des étudiant·e·s. L’Université de Lausanne peut en faire davantage pour combattre ce fléau.

La réintroduction de la pause de midi à l’UNIL fait aussi partie des revendications de la pétition. Le passage à un horaire continu a en effet eu des effets catastrophiques pour les étudiant·e·s et pour le déroulement des enseignements, en généralisant des repas pris à toute vitesse et en contraignant d’interrompre les cours plus tôt pour avoir le temps de manger à midi. Résoudre le problème des salles de cours insuffisamment nombreuses par le sacrifice de la pause de midi est à peu près aussi absurde que de vouloir le faire en réduisant le nombre d’étudiant·e·s.

Des menus à 3 francs partout

Réduire le prix des repas sur le campus est une mesure qui profiterait à tou·te·s sans distinction et sans le tri de qui est légitime ou non à recevoir des aides. Le comité d’«on a les crocs» rappelle que les universités suisses sont encore parmi les plus élitistes d’Europe. En moyenne, 1 jeune sur 4 seulement y a accès, et peu d’entre elles et eux sont issu·e·s des classes populaires. En ce sens, permettre des repas abordables c’est aussi rendre l’université plus accessible et financièrement supportable à l’ensemble de la population.

L’internalisation de toutes les cafétérias

Nous voulons des prix abordables, mais aussi des repas sains, avec des produits de qualité, respectueux de l’environnement. En tant que service public, l’Université doit prendre ses responsabilités en matière écologique, dont l’alimentation est un volet important. En particulier, il faut très fortement augmenter l’offre végétarienne. Mais cette transition vers une alimentation durable doit être socialement juste. L’internalisation permettrait de garder un meilleur contrôle sur la gestion des prix des repas, sur l’offre dans les cafétérias, sur la provenance des produits, mais également d’améliorer les conditions de travail du personnel.

HESAV: une situation dégradée et un nouveau campus à améliorer!

La question de la restauration se pose également à HESAV. Depuis l’été 2022, le bâtiment principal (Beaumont 21) ne dispose plus de cafétéria alors qu’au bâtiment de César-Roux, de même qu’au Bugnon et à l’Élysée, un tel service n’a même jamais existé. Personnel et étudiant·e·s ont accès à des menus à 8.30 frs au CHUV, mais ce prix est élevé pour beaucoup, alors que la distance à parcourir décourage de s’y rendre. En outre, la cafétéria est aussi un espace où se retrouver, échanger, rencontrer de nouvelles personnes. Ce sont autant de liens sociaux, d’activités informelles et de collaborations professionnelles qui sont perdues en son absence.

Le bâtiment du nouveau campus santé, où HESAV devrait déménager en 2026, aura enfin sa propre cafétéria, mais les plans ne prévoient qu’une cuisine «de finition» gérée par un prestataire externe. Le personnel a tenté de soulever à plusieurs reprises les problèmes posés par ce choix unilatéral des responsables du projet. Dans une résolution adressée mi-août à la direction de HESAV, nous avons précisé que la restauration devrait à la fois répondre à des standards écologiques (produits locaux, à faible impact carbone, cuisinés sur place) et être attractive pour le personnel comme pour les étudiants·e·s par son prix. Une cuisine «de finition» visant le profit d’une entreprise externe ne permettra de répondre à aucune de ces exigences.

Article publié dans la Lettre d'information Hautes écoles n° 22.


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06.11.2023Lettre Infos hautes écoles 22PDF (2 MB)