Crise au sein du personnel Communal de Nyon

de: Letizia Pizzolato, secrétaire syndicale SSP

Contacté par plusieurs collaboratrices de l’Administration communale nyonnaise, notre Syndicat interpelle depuis plusieurs mois la Municipalité, et en particulier son Syndic, sur la crise qui secoue le service de l’administration générale et les plaintes évoquant des faits de harcèlement qui en émanent. Face au contenu glaçant des témoignages qui nous sont parvenus et continuent de nous parvenir, le SSP dénonce les comportements du cadre visé par toutes ces plaintes mais aussi, et surtout, la passivité de la Municipalité qui semble s’accommoder, si ce n’est encourager, les comportements évoqués et la souffrance qu’ils génèrent. Les témoignages ont en effet longtemps été ignorés, les victimes intimidées et mises à l’écart, lorsqu’elles ne sont pas elles-mêmes mises en accusation, comme le sont également les personnes qui tentent de les soutenir.

Ces témoignages ne sont malheureusement ni nouveaux ni surprenants. L’attitude du Syndic et de ses collègues l’est davantage. Elles et eux ne peuvent nier avoir été interpelé·e·s depuis 2016 déjà, sur la base d’éléments concrets mettant en évidence des comportements graves visant toujours le même chef, qui semble bénéficier d’une complaisance que l’on s’explique difficilement.

Mis sous pression par le Syndicat des services publics, la Commission du personnel et les plaignantes impliquées, la Municipalité s’est résolue en septembre dernier à ouvrir ce qui est présentée comme une « enquête administrative ». Cette démarche vise, si l’on en croit les déclarations du Syndic, à faire toute la lumière sur les dysfonctionnements d’ordre général qui toucheraient l’administration.

Ce processus est aujourd’hui terminé, mais de l’enquête administrative, la démarche semble n’en avoir porté que le nom. Les objectifs comme le périmètre de l’enquête restent indéterminés. Aucune partie à l’enquête n’a été clairement identifiée, privant ainsi les victimes d’un accès transparent au dossier et à son instruction. On peut par contre s’interroger sur l’accès au dossier, dont le principal mis en cause a quant à lui pu bénéficier.

Notre Syndicat a interpelé la Municipalité sur l’opacité de cette démarche, qui d’ « enquête » devient « audit » au gré des lignes. Aucune réponse n’est apportée, mais le Syndic répète encore, comme il l’a déjà indiqué par mail à tout son personnel, que la Municipalité travaille et qu’il appelle encore toute personne souhaitant s’exprimer à s’adresser à lui. Directement. En sautant pour l’occasion la case des Ressources humaines comme celle de la Municipale en charge : ne partagent-ils/elles pas la ligne du reste du collège municipal ? Les plaignantes – que la Municipalité refuse toujours de reconnaître en tant que telles – comme la Commission du personnel n’en ont pas appris davantage.

Il y a quelques jours, par voie médiatique très maîtrisée, le Syndic a annoncé publiquement que le rapport avait été classé, aucun élément de nature pénale n’ayant été mis en évidence.

Le Syndicat des services publics exige que ce rapport soit remis, comme la totalité des pièces, aux plaignantes dont la vie professionnelle est actuellement en suspens, lorsque leur santé n’est pas également menacée. En tant qu’audit d’une administration publique, nous exigeons également que ce document ainsi que l’intégralité de ses pièces soit remis, à la Commission du personnel comme à notre Syndicat. La Municipalité de Nyon ne peut continuer plus longtemps à agir en marge de ses obligations, en balayant les principes de transparence, de légalité et d’équité qui s’imposent à l’ensemble des élu·e·s.

Le Syndicat des services publics entend tout mettre en œuvre pour que la Municipalité prenne enfin les mesures qui s’imposent afin qu’un terme soient mis aux agissements portant atteintes à la personnalité, à la santé, à la réputation des collaborateurs et collaboratrices. C’est aux auteurs de ces atteintes de supporter les conséquences de leur agissements et non pas aux victimes d’être sanctionnées, écartées de leur fonction ou déplacées dans d’autres lieux, à Nyon comme ailleurs.