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Le service public est aujourd’hui chaudement applaudi. Tant mieux. Depuis trente ans, ce n’est pas la tendance majoritaire. On a plus souvent entendu des slogans de dénigrement et de dénonciation à l’égard du service public et de ses employé.e.s: «faire mieux avec moins» «le privé est plus efficace» «le CHUV est un mastodonte», «les employé.e.s des collectivités publiques sont des privilégié.e.s», etc. Dans les EMS, les soins à domicile et les hôpitaux, nous faisons en ce moment ce que nous avons toujours fait et ce que nous continuerons à faire: nous prenons soin de la population; nous enseignons à nos élèves, dans des conditions difficiles; nous travaillons dans les institutions sociales pour soutenir nos patients et nos résidents; nous nous occupons des jeunes enfants dans les lieux d’accueil ; nous assurons la distribution d’eau, d’électricité, les services industriels et le nettoyage des rues. Nous assurons les tâches indispensables à ce travail et au fonctionnement de toute la société aux niveaux administratif, logistique, du nettoyage, etc.
Le discours anti-service public n’est plus à la mode en ce moment. Nous ferons notre possible pour qu’il ne le redevienne pas. Et qu’au contraire, la logique du service public s’étende à d’autres sphères de l’activité dans la société. La crise sanitaire l’a montré: le service public soigne, aide, soutient et s’occupe de toute la population et tente de satisfaire les besoins sociaux, sans rechercher le profit à court terme. Pour faire ce travail, il faut des moyens. C’est pourquoi notre syndicat se bat au quotidien, sur les lieux de travail, pour augmenter les dotations en personnel dans tous les secteurs essentiels. Le service public a un prix. On se rend compte aujourd’hui que les appels à renforcer les dotations, partout, sont fondés et répondent à un véritable besoin. La logique du marché, qui serait prétendument plus efficace, montre où elle nous mène. Si des productions essentielles comme celle de masques de protection étaient confiées au service public, il n’y aurait pas la possibilité pour des intermédiaires d’exporter des tonnes de masques FFP2 et FFP3 pour tirer des profits et laisser le personnel soignant sans masques face aux patients infectés.
Nous n’opposons pas les salarié.e.s du secteur public à celles et ceux du secteur privé: notre solidarité est nécessaire parce qu’en face de nous se trouvent des forces qui après nous avoir applaudis et envoyé travailler, nous demanderont de payer le facture COVID. Les baisses de salaires, les licenciements et suppressions de postes et les « sacrifices », c’est à nous toutes et tous que les employeurs vont les demander. Les actionnaires vont toucher des dizaines de milliards de francs de dividendes. Une taxe de solidarité COVID et l’imposition des grandes
fortunes permettraient de financer les services publics et des postes de travail dans des secteurs essentiels. Cela constituerait la marque d’un changement de cap social et politique : nous sommes toutes et tous conscients que ce changement de cap est non seulement souhaitable, il est indispensable.
C’est un message partagé par des millions de travailleuses et travailleurs dans le monde en ce 1er mai.
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| 01.05.2020 | communique_1ermai | PDF (120,0 kB) |
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| 01.05.2020 | Allocution_JE_1ermai | PDF (95,0 kB) |
