Exit le sexisme de nos écoles !

de: Commission Femmes

On en parle depuis plusieurs mois déjà. Sa voix à lui a été forte, portée par les médias. Leurs voix à elles étaient inaudibles jusqu’à dernièrement. Puis, leur témoignage, celui des neuf élèves du gymnase Auguste-Piccard, qui nous a fait froid dans le dos et que nous ne pouvons ignorer.

En tant que femmes, féministes et syndicalistes, nous affirmons haut et fort que le sexisme n’a aucune place dans nos écoles. Nous avons pris part avec détermination au mouvement #MeToo, nous avons été parmi les initiatrices de la grève féministe du 14 juin 2019. Nous avons été en tête d’une manifestation géante, telle que la capitale vaudoise n’en avait jamais connue. Nous avons crié à en perdre la voix « Fières, vénères et pas prêtes de nous taire ! »

Aujourd’hui, nous sommes fières du courage de ces neuf élèves. Nous sommes vénères de constater qu’à chaque fois que des cas de sexisme et de harcèlement sexuel sont dénoncés, la parole des victimes est d’abord ignorée, puis mise en cause. Rien ne nous fera taire face à la banalisation d’un sexisme ordinaire qui fait le lit du harcèlement sexuel et de la violence machiste.

Parce que nous aussi, nous avons un jour été des élèves et que les propos de ces jeunes résonnent en nous et réveillent des souvenirs de situations similaires que nous avons toutes vécues à des degrés différents. Cette époque est révolue. Définitivement. Tou-te-s les élèves ont droit au respect de leur personne, au respect de leur identité de genre, elles et ils ont droit à un enseignement non sexiste, leur permettant de s’épanouir en tant qu’être humain.

En tant que féministes, nous luttons pour une société sans sexisme, sans discrimination et sans violence. L’école est le reflet d’une société qui reste patriarcale et elle contribue de fait à renforcer les divisions et les hiérarchies fondées sur le sexe. Tolérer des propos et comportements sexistes en milieu scolaire est non seulement délétère pour les filles, mais aussi désastreux pour les garçons qui se sentent ainsi légitimés à s’approprier un modèle machiste, réduisant les femmes et leur corps à un objet dont ils peuvent disposer. Pour nous, l’école doit devenir un lieu d’émancipation et de promotion de l’égalité, un lieu où la jeune génération puisse apprendre une culture du respect et du consentement mutuel. Un tel enseignement, libre de préjugés et de stéréotypes sexistes, tout comme racistes, n’est en rien antinomique avec la liberté pédagogique, qui doit être garantie à chaque enseignant-e.

Enfin, en tant que syndicalistes, nous nous battons pour renforcer les droits et la protection des salarié-e-s, contre tout licenciement abusif, particulièrement contre le licenciement des délégué-e-s des syndicats. Ce combat est légitime et important. Nous refusons pourtant qu’il soit instrumentalisé à mauvais escient pour enterrer la lutte tout aussi légitime et importante contre le sexisme et le harcèlement sexuel sur les lieux de formation, ainsi que sur les lieux de travail. Il est temps que l’Etat employeur affirme haut et fort la tolérance zéro en matière de sexisme et de harcèlement sexuel et intensifie ses campagnes de prévention.

Il est temps que la parole des victimes soit entendue et respectée. #nousonvouscroit

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