Journée nationale de mobilisation dans les hôpitaux

de: Vanessa Monney

Le 3 novembre dernier, l’alarme a résonné dans l’entier du secteur hospitalier suisse. Le personnel a dénoncé la dégradation des conditions de travail dans les hôpitaux.

Depuis l’introduction d’un nouveau système de facturation en 2012, les hôpitaux publics sont soumis aux règles de la concurrence avec les DRG, soit la facturation au forfait par type de pathologie. De plus, avant la dernière modification de la LaMal, le financement public était réservé aux hôpitaux publics. Désormais, les cliniques privées peuvent figurer sur les listes hospitalières et être en partie financées par les cantons. Dans le canton de Vaud, 24 millions ont été versés en 2015 à des cliniques privées sur la base de ce nouveau modèle. Un montant immense lorsqu’on sait que le déficit du CHUV s’élève presque au même montant. Une des conséquences est que le personnel est fortement mis sous pression ! Ces mécanismes affaiblissent les hôpitaux publics face à des cliniques privées qui se concentrent sur des prestations rentables et qui octroient en même temps des moins bonnes conditions de travail au personnel.

Un constat alarmant

De jour ou de nuit, les dotations en personnel dans les hôpitaux publics vaudois sont insuffisantes. Le problème s’accentue lorsque les directions ne remplacent pas les absences pour motif de maladie, accident ou maternité. Le stress se reporte ainsi sur l’équipe restante. Travailler dans ces conditions met la santé en danger. Les épuisements professionnels se multiplient. Une infirmière raconte: «Souvent en arrivant le matin, je regarde le planning de la journée et je vois bien que notre effectif est insuffisant, que la journée sera intenable; j’ai envie de pleurer, de rendre mes clés et de partir».

Aux dires de nombreuses professionnelles, la sécurité des patient-e-s est en danger. «Notre objectif, finalement, c’est simplement que nos patients soient en vie à la fin de la journée, qu’il ne leur arrive rien» disait récemment l’une d’entre elles.

Dans plusieurs établissements, les hiérarchies emploient des procédures de licenciement problématiques. Par exemple, des avertissements sont distribués à la ronde sans que les salarié-e-s ne puissent être véritablement entendus sur les faits reprochés. Le personnel des hôpitaux raconte aussi comment des collègues malades ou âgé-e-s ont été licencié-e-s ou poussé-e-s vers la sortie. En parallèle, on observe une augmentation des contrats précaires et à durée déterminée.

Le travail pourtant primordial et vital du personnel des hôpitaux n’est pas suffisamment reconnu. La quantité prime sur la qualité et les conditions salariales sont toujours insuffisantes. «Ne pas pouvoir exercer notre travail comme nous l’avons appris, c’est une souffrance quotidienne» disent presque tout-e-s les soignant-e-s, qui ne peuvent agir que dans l’urgence. Le constat est identique parmi le personnel administratif, technique, logistique.

Ensemble, défendons les hôpitaux publics et nos conditions de travail !

Face à ces dégradations, le SSP a lancé la journée de mobilisation du 3 novembre dernier. De nombreuses personnes ont porté le badge de la mobilisation. Le SSP a tenu des stands avec des informations syndicales dans plusieurs sites hospitaliers durant la journée. Nous avons également récolté des questionnaires auprès du personnel des hôpitaux du canton pour évaluer les besoins en personnel dont les résultats seront bientôt rendus public. Pour clôturer la journée avec un signal fort, plus de 300 personnes ont défilé dans les rues de Lausanne pour alerter la population. Cette journée a été le début d’une campagne visant à tirer sérieusement la sonnette d’alarme. Le but est de continuer à se réunir entre collègues, évaluer les besoins, revendiquer ensemble pour améliorer les conditions de travail et défendre la qualité des soins dans les hôpitaux publics.