CHUV : Un hôtel vide, des poches pleines...

de: David Gygax

L’affaire de l’hôtel pour patients, ouvert à l’automne 2016, est un parfait exemple de la réalité de la sous-traitance d’un service public: les coûts sont à la charge de la  

 collectivité, les bénéfices passent en mains privées. Et «au milieu», les salarié.e.s payent l’addition.

Lorsque le Conseil d’Etat a présenté il y a plusieurs années son projet d’hôtel pour patients, un concept novateur en Suisse romande. L’idée: faire dormir des patients qui n’ont pas besoin d’hospitalisation à l’hôtel, pour un coût de la nuitée inférieur à celui de l’hôpital. Les patients 
restent 
proches du 
CHUV et peuvent donc 
bénéficier des prestations des équipes soignantes de l’hôpital. Pour faire 
tourner 
l’hôtel, le CHUV mandate une société privée, Reliva AG, spécialisée dans cette prestation. Reliva étant une entreprise privée, son objectif est donc de dégager un bénéfice. Pour y parvenir, il faut réduire les coûts au strict minimum. Le personnel engagé pour le côté hôtelier sera donc du personnel non intégré à la LPers (qui coûte «trop cher») mais en statut de droit privé: c’est la première étape. «Mais ils seront au 
bénéfice de 
la Convention collective de travail de la santé parapublique», nous jurait-on alors au Conseil d’Etat et à la Direction. Aujourd’hui, l’hôtel est ouvert. Son taux d’occupation est d’environ15%, selon nos sources. Cela ne perturbe pas les plans de Reliva AG puisque le CHUV lui verse, à l’année et quel que soit le taux d’occupation, le prix de 60% des chambres (70% dès la deuxième année)! Et le personnel n’est toujours pas au bénéfice de la CCT de la santé parapublique.

Le SSP continue à se battre pour les droits des salarié.e.s et pour faire respecter les engagements du Conseil d’Etat.