Lorsque le Conseil d’Etat a présenté il y a plusieurs années son projet d’hôtel pour patients, un concept novateur en Suisse romande. L’idée: faire dormir des patients qui n’ont pas besoin d’hospitalisation à l’hôtel, pour un coût de la nuitée inférieur à celui de l’hôpital. Les patients restent proches du CHUV et peuvent donc bénéficier des prestations des équipes soignantes de l’hôpital. Pour faire tourner l’hôtel, le CHUV mandate une société privée, Reliva AG, spécialisée dans cette prestation. Reliva étant une entreprise privée, son objectif est donc de dégager un bénéfice. Pour y parvenir, il faut réduire les coûts au strict minimum. Le personnel engagé pour le côté hôtelier sera donc du personnel non intégré à la LPers (qui coûte «trop cher») mais en statut de droit privé: c’est la première étape. «Mais ils seront au bénéfice de la Convention collective de travail de la santé parapublique», nous jurait-on alors au Conseil d’Etat et à la Direction. Aujourd’hui, l’hôtel est ouvert. Son taux d’occupation est d’environ15%, selon nos sources. Cela ne perturbe pas les plans de Reliva AG puisque le CHUV lui verse, à l’année et quel que soit le taux d’occupation, le prix de 60% des chambres (70% dès la deuxième année)! Et le personnel n’est toujours pas au bénéfice de la CCT de la santé parapublique.
Le SSP continue à se battre pour les droits des salarié.e.s et pour faire respecter les engagements du Conseil d’Etat.
