La version vaudoise de la 3e réforme de l’imposition des entreprises vise à baisser le taux d’imposition sur le bénéfice des entreprises de 22,78% en 2015 (21,645% en 2016) à 13,79%. En cas d’acceptation, le canton et les communes perdraient plus de 520 millions de francs de recettes par an. Les emplois, les salaires, les conditions de travail et le service public seraient attaqués.
Avec un taux unique à 13,79% pour imposer les bénéfices, le gouvernement a donné satisfaction aux grandes associations patronales (le Groupement des entreprises multinationales et la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie) qui militaient depuis de longues années pour un taux unique autour de 14%. Ces derniers sont satisfaits.
Si le Conseil d’Etat se plie aux exigences patronales, il n’en va pas de même avec les revendications des salarié-e-s. Loin s’en faut. Au CHUV ou au Service de protection de la jeunesse; dans les hôpitaux régionaux ou en matière d’accueil de l’enfance, les demandes des salarié-e-s sont toujours repoussées avec l’argument qu’«il n’y a pas le budget».
Si le oui l’emporte…
Les conséquences pour le service public et la majorité de la population seraient brutales. La contre-réforme se traduirait par:
- Des coupes dans les salaires, les retraites, les effectifs et les prestations du service public.
- Des suppressions de postes et licenciements dans la santé, le social, l’enseignement, les communes, etc.
- Une hausse des impôts communaux et des impôts indirects (taxes, émoluments, etc.).
- Une réduction de l’enveloppe pour les bourses d’études.
- Une hausse des taxes d’études à tous les niveaux de l’enseignement.
- La baisse du nombre de places en crèche et du niveau d’encadrement.
- L’imposition d’un moratoire sur les mesures de soutien aux élèves à besoins particuliers (une tentative dans ce sens a déjà eu lieu en décembre dernier et n’a été empêchée que par une vive réaction de notre syndicat).
- Des privatisations et la sous-traitance des tâches du service public (déjà en cours avec l’hôtel pour patients au CHUV et la construction de salles d’opération par une entreprise privée).
Pour l’égalité hommes femmes
Notre syndicat va mener campagne sur les lieux de travail. Dans les écoles, dans les hôpitaux, dans les institutions sociales et dans la rue, nous voulons intervenir et faire le lien entre les cadeaux fiscaux à quelques grands actionnaires et les besoins du service public. Nous le savons toutes et tous: lorsque le service public recule, les inégalités augmentent. Les femmes sont souvent aux premières loges: quand les prestations publiques diminuent, c’est souvent sur les elles que «retombent» les tâches que le service public devrait assurer: garde d’enfants lorsque les place en crèche manquent; soins aux proches lorsque l’aide à domicile est insuffisante; etc. Pour toutes ces raisons, notre syndicat va s’engager résolument dans cette bataille. Une bataille qui ne s’arrêtera pas le 20 mars mais se poursuivra bien au-delà, pour lutter contre toutes les formes d’austérité, pour défendre nos conditions de travail et le service public
