Extension de la fermeture du bloc opératoire de l’Hôpital de l’enfance à Lausanne: le personnel et les patients lésés.

Le Syndicat des services publics – Groupe CHUV déplore et condamne l’extension des horaires de fermeture du bloc opératoire de l’Hôpital de l’enfance (HEL) à Lausanne qui entrera en vigueur le 1er février prochain.

Photo Eric Roset

Depuis plusieurs mois déjà, les horaires du bloc opératoire ont été réduits par la Direction du CHUV. Une nouvelle restriction est imposée à partir du 1er février prochain: le bloc sera fermé de 18h à 6h et toute la journée durant les week-ends et les jours fériés! Cette décision prive ainsi de nombreux enfants d’une prise en charge rapide, efficace et sûre pour des interventions relevant de la chirurgie pédiatrique ou de la traumatologie courante telle que traitement de fractures, suture de plaie, ou opération d’appendicite par exemple, habituellement opérés à l’HEL.

C’est ainsi pas moins de 300 interventions par an qui seront déplacées de l’HEL vers la Cité hospitalière du Bugnon. Les conséquences: une perte de compétences pour un site, une surcharge de travail pour le personnel de tous les services, y compris ceux de l’HEL (urgences et hospitalisation) alors que les effectifs sont déjà insuffisants, en pédiatrie comme partout ailleurs. Victimes de cette décision, les enfants et leurs parents seront trimbalés d’un site à l’autre (jusqu’à quatre trajets entre les deux lieux suivant la situation) puisque l’HEL reste le Centre des urgences pédiatrique de référence et que le tri des urgences continuera à se faire sur ce lieu. Ces mêmes urgences de l’HEL perdront aussi une partie de leur raison d’être puisqu’il n’y aura plus d’accès à une salle d’opération dès la fin de la journée ainsi que les week-ends et jours fériés.

Toujours selon le personnel, les raisons invoquées par la Direction ne tiennent pas: l’impossibilité de recrutement d’un anesthésiste hautement qualifié pour pérenniser le système actuel et assurer la prise en charge des urgences chirurgicales durant la nuit sur le site de l’HEL n’empêche pas des opérations courantes, comme celles liées à des traumatismes simples; 200 opérations sur les 300 concernées sont justement de ce type. La poursuite de l’activité actuelle du bloc opératoire ne mettrait nullement en danger la sécurité des patients.

Pour le Syndicat des services publics, cette décision marque une dégradation des conditions de travail du personnel et une forte limitation du service au public. Nous constatons que le Conseil d’Etat affirme avoir le budget pour baisser la fiscalité des entreprises (et offrir plus de 500 millions par an aux grands patrons et actionnaires dans le cadre de la RIE 3) mais qu’il n’a par contre pas le budget pour préserver les conditions de travail du personnel et l’accès à des soins de proximité et de qualité pour les patients de l’Hôpital de l’enfance.